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Théâtre

Au théâtre avec Accusé.e de Clémence Baron

Cette semaine je suis allée au théâtre….sur Internet !
J’ai regardé Accusé.e, une pièce de théâtre de Clémence Baron dans une mise en scène de Clément Baal et Lucas Biscombe.
Avec : Clémence Baron, Colin Doucet, Brieuc Dumont, Alexis Hubert, Romane Savoie et Mathilde Toubeau.

Cette pièce est une sorte d’électrochoc pour secouer notre société qui reste encore indifférente face au viol, face à la souffrance des victimes dont la parole est mise en doute.
Pour écrire cette pièce, Clémence Baron s’est inspirée d’un fait divers arrivé en 2012.
Dès les premières minutes j’ai été embarquée par ce récit à la fois simple, sans fioritures et en même temps plein de sens.
Nous assistons au spectacle effrayant d’un procès aux assises pour viol avec une victime qui ne s’en jamais vraiment remise.

La victime attend réparation pendant trop longtemps

Le décor aux couleurs sombres avec une dominante de rouge, nous plonge dans une ambiance étouffante et angoissante.
La pièce met le spectateur devant les imperfections de notre justice, devant une justice parfois à plusieurs reprises.
Le violeur a bien préparé sa défense et livre ses pensées personnelles. On comprend vite qu’il n’a aucun remord concernant la jeune femme. Pour lui, il est évident que personne ne la croira. Il cite son père comme exemple. Un père qui s’en est toujours sorti face à des accusations de harcèlement sexuels.
De l’autre côté, la victime voit toute sa vie disséquée et analysée, comme pour démontrer qu’elle a sa part de responsabilité dans cet acte odieux.

Chaque année en France, on dénombre au moins 250 000 victimes de viol ou tentative de viol. Parmi elles, 150 000 sont des mineur.e.s.
Environ 91% des victimes connaissent leur agresseur et seulement 9% d’entre elles portent plainte.
Quand on sait que 90% de ces plaintes se terminent sans condamnation, on peut comprendre un taux si faible.
Les victimes savent que leur “histoire” va tomber dans l’oubli.

J’ai bien aimé cette pièce, malgré l’horreur de la situation décrite. Elle nous fait prendre conscience que les choses n’évoluent pas vraiment.

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